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jeromeruby.com
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AIMABLE SAUVAGE - 2007
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La thématique du monstre
stratégie et plasticité
hybride.
À la Renaissance et au XVII°
siècle, la définition de “monstre”
répond à son étymologie qui vient du
verbe latin “monstrare”, signifiant montrer.
Fortunio Liceti soutient que la dénomination des
monstres vient de ce que “leur nouveauté et leur
énormité les faisant considérer avec
autant d’admiration que de surprise et
d’étonnement, chacun se les monstre
réciproquement” (1). Pour le linguiste
Beneveniste, “monstre” se rattacherait
à “monere”: avertir (2). Ainsi, le monstre
pouvait faire figure de présage, de conseil ou
d’avertissement. Il est par ailleurs remarquable que
jusqu’au XVIII° siècle, la classification des
monstres ne se limitait pas aux difformités et autres
anormalités biologiques chez les êtres vivants
mais comprenait aussi des phénomènes
météorologiques comme les faux soleils, les arcs
en ciels, ou le passage des comètes. Étaient
également considérés de “monstres
inanimés” les pierres qui se forment à
l’intérieur du corps, les calculs rénaux ou
biliaires. Enfin, les animaux dits exotiques, que peu
d’européen avaient pu observer, étaient des
monstres : baleine, girafe, éléphant,
rhinocéros...
L’Art n’échappe pas
à cette fascination du monstrueux, depuis les
représentations grotesques du dieu égyptien Besh
au large sourire édenté et aux organes
génitaux disproportionnés, à celles de la
Gorgone Méduse dont la seule vue en pétrifie son
spectateur. L’Art moderne en est arrivé
aussi à créer ses propres monstres. Le monstre
est devenu provocation, idées et image-chocs. Monstrare
(montrer) et monstrum (monstre),
répondent bien à travers la scène
contemporaine, à une attitude stratégique de
diffusion de l’art. Cet Art monstrueux est par essence hybride,
jouant d’une multitude de support, de média et de
matériaux. Au delà d’une simple
finalité à se faire remarquer, il interroge notre
rapport au vivant, à l’organique, aux fantasmes et
à la morale.
Qu’est-ce qu’on monstre ?
Comme première étape à
ce projet, la série «Aimables sauvages», aux
couleurs vives et agressives, s’inspirant de le
scène de genre et de la représentation du
paysage, est le prétexte à l’exposition
d’un certain nombre de tabous : meurtre, cannibalisme,
merde, insouciance, immoralité . Dans cet ensemble
d’illustrations aux références allant du
paysage romantique, à l’imagerie
surréaliste, ou encore au fantasme pseudo
ethnographique, l’idée est de sortir de la simple
fiction pour s’inscrire dans un discours critique sur les
modes de relations et de comportements de nos
sociétés.
(1) Fortunio Liceti cité par Annie
Bitbol-Hespérès, Les monstres de la Renaissance
à l’àge classique – BIUM, Paris,
2003.
(2)Émile Benveniste,
Problèmes de linguitique générale –
1974.
(3) Aimables sauvages : le titre est
un emprunt à Francis Huxley “Affables
savages”.
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Aimables sauvages (3) / 2007, acrylique sur
papier, 20,3 x 29,2 cm
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© Jerome Ruby 2010
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